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KOEBEL, M. (2010). L'intégration par le sport : une croyance durable. Empan, 79, 28-39.

Description du contenu (introduction par Alain Jouve) :
L’activité sportive de loisir ou de compétition est un secteur qui traverse remarquablement la crise actuelle. Éternel opium du peuple, spectacle haut en couleur avec ses héros, ses joies et ses apports, mais aussi ses drames et ses perversions, le sport constitue une parfaite peinture de la complexité humaine. Il n’en reste pas moins un formidable vecteur d’insertion et/ou de réinsertion sociale et professionnelle, un réel tremplin vers un mieux-être individuel et collectif. C’est sur cet argument que nous sommes allés au vent de l’époque pour préparer ce numéro d’Empan ... après celui consacré au même thème en 2003 (n° 51), sans doute par curiosité devant un sentiment d’évolution rapide, voire précipité et chaotique, de notre environnement. Ainsi, déjà le choix des titres : « Sport et intégration » en 2003, « Sport et corps... social » en 2010, donne-t-il une indication.
En 2003, nous étions encore et surtout sur notre champ médico-social et social. En 2010, nous abordons toujours le sport dans ses rapports avec les personnes en difficulté médico-psychosociale, mais plus celles-ci comme parties prenantes plus reconnues en société. Comme si les frontières entre milieu spécialisé et droit commun étaient plus poreuses, comme si les publics dont nous avons la responsabilité étaient plus en coresponsabilité avec le corps social en général.
Ces inflexions précèdent ou suivent les productions législatives : train de rénovation de la loi de 1975 concernant les handicapés à partir de 2002 ; une formalisation du respect des droits de l’enfant ; une réforme de la Protection de l’enfance en 2007 ; et plus particulièrement pour le sport, la loi de février 2005 sur le droit à la pratique des activités physiques et sportives.
Ce numéro tente aussi d’aborder un miroir de la société à travers le miroir du sport. De la pratique individuelle ou collective de loisir au sport de compétition transparaît, par exemple, le souci de la santé et de la dimension psychologique.
Nous pouvons caricaturer les extrêmes si bien représentés, entre autres, par le comportement des Français lors de la dernière Coupe du monde de football. La vision pessimiste serait celle du conditionnement productif du champion et du tout pour l’argent, de l’ad-diction anxieuse du citoyen lambda, et pour tous des « propositions » de dopage : physique (course aux nouveaux produits, régimes et conseils diététiques incertains), psychique (coaching, conditionnement pavlovien) et matériel (moteur électrique dans le pédalier du vélo ? !). La vision optimiste serait celle d’un accompagnement, d’une prévention individualisée, d’un satisfaisant « Mens sana in corpore sano ».
Comme en 2003, nous avons fait appel à des témoignages : d’anciens sportifs professionnels, mais aussi à ceux de l’éternel sportif lambda, de l’ancien gamin, « sale gosse » en son temps.
Il nous est, enfin, paru digne d’intérêt, dans un deuxième temps, de solliciter des articles décalés, moins près et pourtant si proches du travail d’insertion par le sport, des éléments pour un débat de fond réflexif et contradictoire, éventuellement humoristique.