Retour à la liste complète

KOEBEL, M. (2010). Décentralisation et autonomie de l’espace politique local. Savoir/Agir, 11, 11-18.

Description du contenu :
Suppression de la taxe professionnelle, inversion des processus de décentralisation par durcissement de la contrainte budgétaire, remplacement des conseillers généraux et régionaux par des conseillers territoriaux moins nombreux mais – par bricolage d’un nouveau mode de scrutin – mieux pensants, redécoupage des territoires et redéfinition des compétences, fronde des notables sénatoriaux … À l’occasion des élections régionales de mars 2010, il nous a paru opportun de revenir sur la question des territoires locaux. Classiquement opposé au « national », le « local », de par les propriétés qui lui sont, parfois très généreusement, associées (diversité, dynamisme, inventivité, réactivité, proximité, gestion sinon apolitique au moins non partisane, traitement sur le terrain des urgences sociales, laboratoire d’expérimentations et de démocratie participative…), est souvent paré de toutes les vertus et certains de ses représentants sont supposés incarner au quotidien d’autres manières de faire de la politique. Le processus de décentralisation de l'Etat a modifié le paysage local français : les collectivités territoriales ont gagné en autonomie, elles revendiquent des spécificités culturelles et affirment de plus en plus leur « identité locale » à coups de campagnes de communication, dans une ambiance concurrentielle entre territoires. La structure politique de la France s¹est-elle cependant réellement transformée ? Les frontières du « local » restent floues, les enjeux spécifiques sont difficiles à déterminer, les carrières des élus locaux les plus influents restent chevillées aux enjeux nationaux, et les règles du jeu local restent aux mains de l'Etat, qui peut décider ­ quasi unilatéralement, comme il l¹a montré avec la suppression de la taxe professionnelle ­ du sort de ses collectivités territoriales.