ASSOCIATION FRANCAISE DE SOCIOLOGIE

Réseau thématique
Sociologie des intellectuels
Savoirs et pouvoirs




Résumés des interventions au colloque de Limoges (7 et 8 avril 2005)

La lecture sociologique de textes philosophiques Louis Pinto
Sociologie et histoire des intellectuels : problèmes de méthode Gisèle Sapiro
Les représentations du personnel politique à propos des intellectuels : appartenance politique et capital culturel des enquêteurs et des enquêtés Michel Koebel
Raisonner à partir d'un cas Christophe Gaubert
"Sur la réification des collectifs" : à propos de l'Ecole de Chicago Romain Pudal
Titre à préciser Sergio Miceli
Apports et limites de l'analyse stratégique des organisations à l'étude des milieux scientifiques Catherine Vilkas
Les déboires d'enquête d'Alfred Binet auprès des enfants des écoles primaires de Paris (1897-1905) Loïg Le Sonn
Les derniers philosophes-rois : une recherche en cours sur les cahiers marxistes-léninistes (1964-1968) Frédéric Chateigner
La construction médiatique de l'écrivain sulfureux Sandrine Garcia
La politisation des enjeux théoriques autour de Mai 68 : problèmes d'analyse Boris Gobille
Une sociologie du patrimoine est-elle possible ? Yvon Lamy
Des intellectuels d'institution ? État, sociologie et animation Francis Lebon
Sociologie des intellectuels et sociologie de l'édition Hervé Serry
Le champ littéraire à l'épreuve du genre Delphine Naudier
Quelques problèmes posés par une enquête sur un sous-champ de la sociologie : le cas de la sociologie de la délinquance juvénile Gérard Mauger






Pinto
Louis
pinto @ iresco.fr
CNRS-CSE

La lecture sociologique de textes philosophiques

Cet exposé n'a d'autre ambition que d'expliciter les opérations souvent inaperçues de traitement par le sociologue de textes tels que des textes philosophiques dont il ne s'agit pas, bien entendu, de faire un commentaire au sens ordinaire : le texte n'étant pas l'unité d'analyse pertinente, il n'y a pas d'obligation d'en rendre compte de façon précise, exhaustive et érudite.
Ces textes peuvent être considérés en fonction de cinq problèmes principaux : comment référer les discours à des positions ? comment réduire la diversité des discours à l'unité d'un principe explicatif ? comment reconnaître la présence de discours extra-philosophiques ? comment reconnaître le travail de mise en forme savante ? quel problème est réellement en cause derrière les "stratégies" de tous ordres (rhétoriques, polémiques…) ?

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Sapiro
Gisèle
sapiro @ msh-paris.fr
CNRS-CSE

Sociologie et histoire des intellectuels : problèmes de méthode

A partir de l'exemple de l'engagement des écrivains en France, la communication traitait de la relation entre sociologie et histoire des intellectuels, qui pose la question de l'articulation entre analyse historique et analyse structurale. Comprendre les spécificités de l'engagement des écrivains en France suppose de faire l'histoire structurale du champ littéraire. Une telle histoire requiert trois niveaux d'analyse :
     1/ l'évolution de la position du champ intellectuel dans le champ du pouvoir en fonction des transformations sociales générales comme la modernisation et le développement de la scolarisation et des régimes politiques  ;
     2/ l'évolution de la position du champ littéraire dans le champ intellectuel et ses relations avec les autres champs (universitaire, journalistique, artistique, etc.) en fonction des progrès de la division du travail intellectuel ;
     3/ l'histoire structurale du champ littéraire, à savoir les transformations des rapports de force constitutifs de la structure du champ à différents moments de son histoire.
Ces niveaux articulent des séries causales et des temporalités différentes. Pour le troisième niveau était proposé un modèle d'analyse des formes de politisation du champ littéraire généralisable aux autres professions intellectuelles, qui soulevait cependant des questions sur le mode de construction des types idéaux et de leur validation ainsi que sur l'homologie entre espaces de production culturelle.

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Koebel
Michel
koebel @ wanadoo.fr
Université de Reims

Les représentations du personnel politique à propos des intellectuels : appartenance politique et capital culturel des enquêteurs et des enquêtés

Cette communication est basée sur l'analyse secondaire d'une centaine d'entretiens réalisés par l'auteur entre 1996 et 2001. Il s'agissait ici de repérer les variations dans l'attitude de l'enquêteur et sa façon de poser les questions, en fonction des rapports sociaux induits par la situation d'entretien, et en particulier en fonction de la différence de capital culturel et politique entre l'enquêteur et l'enquêté : tentatives d'empathie parfois exagérées, étonnements feints, trop grande complicité impliquant des raccourcis provoqués par l'enquêteur... La méthode du "camélélon", traditionnellement préconisée dans ce type de recueil de données, montre ici ses limites. Les logiciels d'analyse de contenu ne tiennent pas compte des effets induits par les questions posées et la manière de les poser.
Il semble alors utile (sinon nécessaire) d'appliquer un principe de réflexivité : non pas dans une simple auto-analyse de l'enquêteur qui risque ici d'être stérile (réflexivité narcissique) - même si elle peut contribuer à une meilleure connaissance du soi social et donc de la dimension sociale qui est en jeu dans toute relation sociale -, mais dans une réflexivité pratique en rapport direct avec les différentes opérations de l'enquête, aussi bien dans la situation d'entretien que dans l'analyse de ceux-ci, dans les opération de codage comme dans l'interprétation. On peut ajouter aussi une dimension collective lorsque le travail de recherche fait intervenir plusieurs enquêteurs, a fortiori quand il s'agit d'enquêteurs peu expérimentés.

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Gaubert
Christophe
gaubert @ iresco.fr
Université de Limoges

Raisonner à partir d'un cas

Résumé bientôt disponible

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Pudal
Romain
romain.pudal @ free.fr
Université Paris V René-Descartes / GEPECS / G4S

"Sur la réification des collectifs" : à propos de l'Ecole de Chicago

Nous souhaiterions aborder une question que l'on peut à bon droit considérer comme classique en histoire et sociologie des sciences mais qui vient de retrouver une certaine actualité grâce aux réflexions conjointes du sociologue américain Andrew Abbott et de Jean-Michel Chapoulie dans son ouvrage La tradition sociologique de Chicago et aux commentaires critiques qu'elles ont suscités. Cette question est celle de la "réification des collectifs" ou encore de "l'hypostase des collectifs" pour reprendre les termes de Jean-Louis Fabiani : elle renvoie à l'idée que l'usage par le sociologue du langage ordinaire le conduit quasi nécessairement à attribuer à des entités collectives - l'Etat, la famille, la conscience collective, l'Ecole ou dans le cas qui nous intéresse l'Ecole de Chicago par exemple - des propriétés définitionnelles stables qui lui garantissent une existence effective permanente. Cette ontologie décontextualisée sous-jacente au langage ordinaire pose évidemment une série de problèmes : est-il légitime d'hypostasier ainsi un ensemble d'éléments hétérogènes ? est-il légitime aussi de le doter d'un ensemble d'attributs qui devraient être réservés à des êtres vivants : volonté, désir, capacité d'action et j'en passe ? Comme l'écrit J.L. Fabiani : "Chacun sait bien que le réalisme des collectifs n'est pas seulement le produit de l'illusion des épistémologies objectivistes, mais aussi la conséquence d'une stratégie discursive et sociale qui fournit ses objets au sociologue : que les "cadres" ne constituent pas un concept construit est une chose, qu'on ne puisse nier qu'ils existent en est une autre" (Fabiani, 1994). Il n'en demeure pas moins que c'est la nature même de cette existence qui pose problème et les opérations de pensée qu'elle autorise. Nous ne prétendons évidemment pas reprendre intégralement la question de la réification des collectifs mais nous voudrions plutôt nous centrer sur les problèmes méthodologiques qui sont liés à la notion d' "école" en sociologie des sciences.
Je centrerai mon propos sur les propositions méthodologiques et le travail de Jean-Michel Chapoulie avant d'évoquer très brièvement les réflexions d'Andrew Abbott. Je procéderai donc en trois temps : tout d'abord, je rappellerai les positions théoriques, plus ou moins explicites selon les textes et les époques, de Jean-Michel Chapoulie ; je consacrerai mon second point aux lectures critiques croisées qu'en donnent Jean-Michel Berthelot et Christian Topalov ; enfin, j'examinerai rapidement les réflexions de Vincent Descombes et Andrew Abbott sur cette question de la réification des collectifs.

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Miceli
Sergio
zaem @ usp.br
Brésil

Titre à préciser

Résumé bientôt disponible

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Vilkas
Catherine
cvilkas @ wanodoo.fr
IUT Limousin

Apports et limites de l'analyse stratégique des organisations à l'étude des milieux scientifiques

Alors que les chercheurs sont soucieux de leur liberté et que plusieurs courants sociologiques déconstruisent les organisations, la problématique du gouvernement des scientifiques conduit à inverser la perspective, en étudiant les dispositifs destinés à les orienter et les contrôler. Au début des années 1990, le niveau des établissements publics de recherche était resté peu exploré. Une enquête menée au CNRS auprès de 230 interviewés (en physique et en biologie) apporte un éclairage sur l'articulation entre logique de discipline et logique d'organisation à partir des interactions entre membres des laboratoires, instances d'évaluation consultatives du Comité national et direction décisionnelle (1). Au-delà des limites inhérentes au déroulement de l'enquête, plusieurs enseignements peuvent être tirés de cette "recherche sur la recherche". L'analyse stratégique des organisations fournit une méthode d'investigation opérationnelle : envisager un chercheur stratège qui, pour atteindre des objectifs aussi bien scientifiques qu'institutionnels, mobilise des ressources, noue alliances et conflits, fait face à des contraintes, enrichit la compréhension de cet univers marqué par une forte tension entre coopération et compétition. Sont aussi analysés les relations entre pôle représentatif et pôle exécutif de l'Etablissement ainsi que les styles de pilotage des directeurs de département.
Cependant l'utilitarisme méthodologique conduit rapidement à la caricature si les motivations des acteurs se trouvent limitées à quelques intérêts opportunistes qui omettent les intérêts cognitifs, les valeurs et les rôles institutionnels. Les commissions constituent un objet particulièrement délicat : les nombreux critères utilisés par les évaluateurs, qui travaillent sous contraintes, et les clivages mobiles au sein des instances conduisent à identifier des schémas de décision types, correspondant à différentes conceptions du mérite scientifique et de gestion de la recherche, ainsi que plusieurs expressions d'une représentation polymorphe, que chaque participant peut endosser alternativement. Il s'avère impossible de réduire la construction des choix collectifs à l'addition d'opinions singulières données au départ, ni aux seules normes collégiales, ni à un pur rapport de force. Les préférences des commissaires se forment, évoluent et sont agrégées à l'aide de mécanismes de délibération et de règles de décision spécifiques qui demandent des emprunts à la science politique et à la psychologie sociale. S'il convient donc d'éviter les pièges d'un certain réductionnisme, le sociologue trouve un riche terrain d'exploration dans les conditions organisationnelles et institutionnelles d'exercice de l'activité scientifique, devenues aujourd'hui un sujet d'actualité.
(1) C. Vilkas: L'art de gouverner la science dans le système public français : le cas du CNRS. Représentation, évaluation, direction de quatre disciplines, thèse de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, 2001 ; " L'évaluation au CNRS. Le Comité national " en action " au début des années 1990", La Revue pour l'Histoire du CNRS, n°11, novembre 2004, pp.36-51

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Le Sonn
Loïg
lesonn @ jourdan.ens.fr
CSE

Les déboires d'enquête d'Alfred Binet auprès des enfants des écoles primaires de Paris (1897-1905)                 
Version intégrale

L’élaboration de l’échelle métrique résultent des longs tâtonnements de Binet qui s’est rendu à la fois dans des asiles (Sainte-Anne et Salpetrière) et dans des écoles maternelles et primaires de Paris afin d’expérimenter ses batteries de test sur les enfants de la classe ouvrière. L’étude des méthodes d’enquête d’Alfred Binet, par les remarques éparses qui jalonnent la longue série de compte-rendu d’enquête qu’il imprima dans sa revue L’année Psychologique, offre un matériel riche pour reconstruire le détail des opérations qui le conduisit de la mesure du crâne des écoliers à l’invention du premier test d’intelligence. Voici quelques-uns des résultats de l’enquête :
1 – En proie au plus grave désarroi en constatant « qu’il n’y a souvent pas un millimètre de différence entre la mesure céphalique des élèves intelligents et celle des élèves les moins intelligents », Binet performe son premier test psychologique de triage des écoliers à la suite de l’échec cuisant de ses premières tentatives céphalométriques.
2 – Lors de ses essais psychométriques, l’étude scrupuleuse des visites de Binet dans les écoles primaires de Paris permet d’observer toute l’imposture d’une désignation préalable de l’élève « anormal » par l’instituteur et non à l’issue d’une quelconque batterie de tests.
3 - Le caractère, l’attention, l’effort, les mouvements, l’écriture, l’intelligence de perception, la douleur, l’association d’idées, l’activité intellectuelle, la faculté arithmétique sont quelques-unes des aptitudes relatives au développement de l’enfant dont Binet recherche la présence ou l’absence, le degré d’assimilation, par des expériences imaginées sur les enfants de la colonie Perray-Vaucluse. Les rapports d’activité qu’il rédige pour sa revue font état de violence physique, de harcèlement moral, de manipulation psychologique, de sévices corporels, de tentatives de séquestration et d’abus d’autorité envers ces enfants placés dans la colonie pénitentiaire Perray-Vaucluse.

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Chateigner
Frédéric
frederic.chateigner @ ens.fr
LSS (ENS-EHESS)

Les derniers philosophes-rois : une recherche en cours sur les cahiers marxistes-léninistes (1964-1968)

À travers cette recherche en cours sur les Cahiers marxistes-léninistes, revue de la section normalienne de l'UEC progressivement devenue « l'organe théorique et politique » de la formation maoïste UJC(ml), on aborde un problème méthodologique qui n'est pas rare en histoire sociale des intellectuels : celui du sentiment rétrospectif d'illisibilité, sentiment qui explique sans doute en partie que les CML n'aient apparemment jamais été étudiés en détail, et qui exige en l'occurrence d'être objectivé, dans la mesure où beaucoup de lecteurs étudiants ont au contraire fait à l'époque bon accueil aux Cahiers. On identifie donc trois éléments qui nous rendent les CML « illisibles ». D'abord la notion de « contrebande » caractéristique des revues à tendance hétérodoxe placées dans l'orbite du PCF, type de contrainte dont nous n'avons plus guère l'équivalent. Ensuite le poids considérable de la rhétorique khâgneuse, normalienne et philosophique dans le style des CML, rhétorique dont l'autorité a sensiblement décliné, en particulier bien sûr pour des lecteurs sociologues. Enfin, l'anti-intellectualisme paradoxal (car en dernier ressort cohérent avec le théoricisme althussérien des origines) des CML de la période maoïste, dont la réception favorable doit sans doute beaucoup à une « lecture de salut ». L'abord réflexif de notre rapport au texte, en fonction de nos dispositions générationnelles, professionnelles ou individuelles, peut ainsi servir de levier pour restituer la logique de la production et de la réception de discours qu'au premier abord on jugerait inexplicables ; on espère ainsi aborder plus sûrement les trajectoires des individus liés à un moment ou un autre aux CML.

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Garcia
Sandrine
garcia.sandrine @ libertysurf.fr
Université de Paris IX Dauphine

La construction médiatique de l'écrivain sulfureux

Il s'agit, à travers l'étude de la réception médiatique de la Vie sexuelle de Catherine M. et des Particules élémentaires, de montrer comment les auteurs de ces romans (respectivement Michel Houllebecq et Catherine Millet) ont été définis comme des auteurs défiant l'Ordre établi, subversif, alors que rien dans leur production littéraire, ni encore moins dans leurs prises de position ne permettait de fonder une telle appréciation. Certes, ces auteurs, chacun à leur manière, transgressent des normes, mais cette transgression est plus limitée qu'il n'y paraît d'abord : Michel Houellebecq dénonce bien le règne de la société de marché et ce qu'il appelle l'alliance du libertaire et du libéral, toutefois il ne fait rien d'autre que de se réapproprier sur le mode fantasmatique ce marché sexuel qui symbolise pour lui la quintessence des inégalités. De son côté Catherine Millet décrit à la première personne une expérience féminine de la sexualité, ce qui constitue une réelle originalité, mais en revanche sa vision des rapports sociaux de genre est d'un grand conformisme social. Les deux auteurs ont en commun de produire une confusion entre transgression de la morale sexuelle et subversion de l'ordre social, ce qui leur permet de cumuler les profits de l'anti conformisme et du conformisme, selon une position inaugurée dans le champ littéraire par Philippe Sollers et le réseau autour de Tel Quel, puis de l'Infini. Philippe Sollers a d'ailleurs joué, par la position qu'il détient dans le champ littéraire/médiatique, un rôle majeur pour imposer comme subversifs des auteurs qui n'avaient rien d'autres à proposer, selon l'expression de Pierre Bourdieu (une révolution conservatrice dans l'édition, Actes de la recherche en Sciences sociales) que "des petits sacrilèges érotiques sans conséquences".

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Gobille
Boris
boris.gobille @ ens-lsh.fr
LSS (ENS/EHESS)

La politisation des enjeux théoriques autour de Mai 68 : problèmes d'analyse

L'intervention aborde les problèmes méthodologiques et théoriques rencontrés dans l'écriture d'un article à paraître dans Raisons Politiques, portant sur l'étude des rapports entre crise politique et crise théorique, sous l'angle de ce que la crise de Mai 68 fait au structuralisme en France. Afin de ne pas s'en tenir à un "effet de contexte" flou et de mettre au jour empiriquement l'impact concret de Mai 68, le champ de l'analyse est restreint ici aux avant-gardes esthétiques émergentes. La crise offre visibilité et légitimité à une nouvelle revue, Change, qui se propose de lutter contre "la dictature structuraliste" de Tel Quel. Elle joue à la fois comme ressource de différenciation permettant à Change d'œuvrer au vieillissement social, théorique et politique, de sa concurrente, et comme matrice de significations travaillant l'espace des pensables théoriques des deux revues. Leur querelle met en lumière comment une crise politique singulière durcit et reconfigure le lien entre course à l'innovation symbolique et quête de radicalité révolutionnaire, et comment elle accélère le processus de renouvellement des avant-gardes. Elle introduit ainsi à une époque particulière où l'innovation esthétique est inséparablement le produit de luttes de classement théorique (le "théoricisme" des années 1965-1975) et de luttes de classement politique. Les questions méthodologiques abordées sont les suivantes : comment penser les effets d'une crise politique sur la production symbolique ; quelles sont les logiques structurelles qui sont au principe de l'association, a priori contradictoire, de la quête de scientificité et de la radicalisation politique ; comment celles-ci affectent, stimulent, cadrent l'imagination théorique.

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Lamy
Yvon
yvon.lamy @ unilim.fr
Université de Limoges

Une sociologie du patrimoine est-elle possible ?

Résumé bientôt disponible

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Lebon
Francis
frlebon @ wanadoo.fr
ENS/EHESS

Des intellectuels d'institution ? État, sociologie et animation

Le lien entre la science et l'action est aussi assuré par des agents situés à mi-chemin entre la vocation d'homme politique et la vocation de savant. La catégorie des intellectuels d'institution, proche des figures du militant et de l'expert, assure la collaboration entre le sociologue, l'Etat, l'animateur et les associations. Fidèle à un terrain d'études où évoluent les métiers du social, l'intellectuel "de l'animation", en réfléchissant et en organisant la classe des animateurs, est une sorte de fonctionnaire des superstructures de l'animation.

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Serry
Hervé
herve.serry @ iresco.fr
CSU (CNRS - Université de Paris 8)

Sociologie des intellectuels et sociologie de l'édition

Une sociologie de l'édition doit poser les fondements d'une prise en compte globale des logiques spécifiques de ce secteur de production de la valeur économique et symbolique. Si l'enjeu d'une sociologie de l'édition relève de l'étude des mécanismes de la construction sociale de l'économie, entendue comme une économie des pratiques, elle doit s'inscrire dans la perspective d'une sociologie des intellectuels sans se limiter aux enjeux de ce champ. L'édition, comme économie double, inséparablement économique et symbolique, doit permettre de s'interroger sur le lien entre le processus de rationalisation des conditions de production et la rationalisation de la production elle-même.
Plusieurs moyens peuvent permettre d'examiner ces logiques spécifiques. À partir du cas des Editions du Seuil, cette communication interroge la manière dont les ressources des entrepreneurs intellectuels leur permettent d'exister dans le champ éditorial et intellectuel et d'occuper leur position. Comment s'ajustent des capitaux sociaux, économiques et symboliques divers, pour conférer une crédibilité sociale (au sein du groupe des pairs, de celui des auteurs, des intermédiaires du champ de la critique, voire du public) à celui qui a le pouvoir de rendre public les œuvres. Cette analyse de la confrontation entre habitus, habitus professionnel et transformation du champ éditorial est une manière d'examiner comment se constituent les modalités d'appropriation de la fonction d'éditeur dans les jeux spécifiques de la concurrence propre à ce milieu.

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Naudier
Delphine
naudier @ iresco.fr
CNRS-CSU

Le champ littéraire à l'épreuve du genre

L'intervention porte sur les méthodes utilisées pour analyser la présence des femmes dans le champ littéraire depuis les années 1970 en France. La problématique est axée sur la construction sociale de la différence des sexes dans le champ littéraire et sur les usages faits de cette différence, tant par les hommes pour classer les femmes que par les femmes pour se placer selon l'état des rapports sociaux de sexe mais aussi de la position occupée dans cet espace de la production culturelle.

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Mauger
Gérard
mauger @ iresco.fr
CNRS/CSE

Quelques problèmes posés par une enquête sur un sous-champ de la sociologie : le cas de la sociologie de la délinquance juvénile

Les difficultés méthodologiques et théoriques rencontrées dans cette enquête peuvent être regroupées autour de deux problèmes génériques de la sociologie des intellectuels :
- Comment délimiter un sous-champ dans le champ des sciences sociales ?
- Comment mettre en rapport l'espace des positions et l'espace des prises de position (les théories de la délinquance juvénile, dans le cas présent) et quelles conclusions en tirer ?

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