Le point aveugle de la notion de compétence : la compétence supposée

Michel Koebel, Maître de conférences à l’Université de Strasbourg (EA1342 et UMR7363)

Résumé proposé suite à l'appel à communication

Je m’appuie dans cette proposition sur un article que j’avais écrit en 2006 . Je m’interrogeais notamment sur l’objectivité de la compétence en tant que valeur. En m’appuyant sur un extrait d’un ouvrage de P. Bourdieu intitulé « Les ambiguïtés de la compétence » , j’avais évoqué un aspect subjectif souvent absent des analyses sur les compétences : le fait que la compétence est toujours liée à la reconnaissance par autrui – par les pairs, par l’entreprise, par l’Etat, par les clients, etc. – et que cette reconnaissance n’est pas toujours « éclairée » de la même manière. En effet, quand celui qui juge une compétence ne dispose pas des compétences suffisantes pour l’évaluer, il se fie à ce qu’il entend dire (sans savoir si ceux qui le disent disposent de plus de compétences que lui pour évaluer objectivement la compétence). La reconnaissance devient alors une croyance.

Ce sont ces réflexions que je vais importer dans le domaine de la démocratie locale, en m’appuyant sur une partie des nombreuses données que j’ai récoltées depuis 20 ans :
-    une exploitation du Répertoire national des élus (municipales 2008), pour mettre en rapport les caractéristiques des adjoint-e-s au maire (sexe, âge, profession) avec les attributions qui leur sont confiées (ou qu’ils revendiquent), selon le principe que ces caractéristiques sont perçues comme des compétences transposables en politique ;
-    une comparaison des profils de candidats à ceux des élus (municipales et cantonales 2001), pour comprendre en quoi l’âge et la profession – principaux indicateurs présents sur les listes – peuvent jouer en faveur ou en défaveur au moment du vote ;
-    quelques exemples tirés d’analyses qualitatives anciennes et récentes concernant les élus locaux et divers dispositifs de démocratie participative.